Entrevue

Comme vous n’avez pas le temps d’une rencontre devant un café, ou que nous sommes trop éloignés, voici le verbatim de l’entretien qui ne peut avoir lieu entre vous et moi. Cette première étape étant franchie, il ne vous reste plus qu’à m’appeler ou à m’écrire pour discuter de votre besoin.

Qui êtes-vous et qu’avez-vous à me vendre?

Je ne vous vends rien. C’est vous qui achetez. Ce que vous achetez, ce sont les services d’un rédacteur tombé dans la marmite de la com il y a plus de trente-cinq ans. Vous achetez un magicien des mots, capable de livrer du contenu intelligent dans une forme ensorcelante, même quand il n’y a pas grand-chose à se mettre sous la dent. Ce qui est plus fréquent qu’on ne le croit…

Trente-cinq ans de métier? Vous êtes un papy de la pub!

Si j’étais un joueur de basket, ce serait un problème. Je ne serais plus à la hauteur. Mais comme je suis un rédacteur, c’est l’inverse. Les années ajoutent à l’expérience. Les mots tombent de plus en plus rarement à côté du panier.

Pourquoi j’utiliserais vos services?

Plusieurs personnes m’ont posé la même question il y a plus de vingt ans. Elles utilisent encore mes services. Il doit bien y avoir une raison! Honnêtement, je pense qu’il y en a plusieurs. Primo, un rédacteur qui peut positionner un produit ou une entreprise et qui peut développer une stratégie de com, c’est un rédacteur ascendant marketing. Pas besoin de lui faire un dessin pour qu’il comprenne le contexte, le défi, les enjeux. C’est déjà un bon point de départ. Secundo, un rédacteur qui bâtit un territoire de marque en déployant un ton spécifique, différenciateur, c’est un rédacteur qui ne fait pas qu’écrire. C’est un rédacteur qui parle. C’est une valeur ajoutée. Surtout aujourd’hui!

Pourquoi « surtout aujourd’hui »?

Parce que le web et les réseaux sociaux ont changé le rapport entre les entreprises et les individus. Les individus ont descendu les entreprises de leur piédestal, presque manu militari. C’est vrai pour le B2C, c’est de plus en plus vrai pour le B2B. Conséquemment, avant les entreprises écrivaient alors qu’aujourd’hui on leur demande de parler. D’être authentiques et chaleureuses plutôt que de pratiquer la langue de bois, le politically correct. Les entreprises qui ne l’ont pas encore compris auront beaucoup de mal à développer et à maintenir une proximité durable avec leurs clients. Même celles dont les produits ou les services sont foncièrement désirables.

Il n’y a pas que les réseaux sociaux…

Certes, mais par effet de contagion, tous les instruments de la communication doivent tenir compte de ce que les individus attendent aujourd’hui des marques. Les blogues d’entreprises commencent peu à peu à parler plutôt qu’à écrire. Ce dialogue avec leurs clients rejoindra bientôt les brochures les plus institutionnelles, et même les rapports annuels. Parler d’humanité, de citoyenneté et de responsabilité n’est plus suffisant. Il faut démontrer son adhésion réelle et sincère aux valeurs d’aujourd’hui, en servir la preuve. À l’interne comme à l’externe. Le ton de la prise de parole est déterminant.

Si je comprends bien, vous « parlez » les textes plutôt que de les écrire.

J’écris des textes qui parlent. Dans une langue audible, honnête, avec authenticité. Chaque fois que l’on me le permet, bien sûr. Car je ne saurais vous y obliger. Comme je vous disais, je ne vous vends rien. C’est vous qui achetez.